Aunkai Bujutsu – les 3 et 4 juin 2023

Discipline fondée par Sensei Minoru Akuzawa, Aunkai Naïdo Bujutsu peut-être considéré comme l’art de forger son corps, pour l’optimiser afin qu’il puisse se mouvoir librement quelque soit la contrainte qui lui est opposée.
Stage animé par : Christophe Ksiazkiewicz et Philippe Condamin.
Ils cumulent respectivement plus de 30 années de pratique
et 25 ans d’enseignement dans les arts martiaux traditionnels, le yoga et les méthodes de développement corporel.
Les Tanren :

Les exercices de base de l’Aunkai, permettent de prendre conscience de nos propres déséquilibres et tensions corporelles. Par la répétition, le corps pénètre dans la « forge ». Il chauffe, se tonifie, se relâche. Ainsi plus malléable, à l’instar du morceau d’acier passé à la forge pour créer la lame du Katana, le corps va au fil du temps devenir plus dense, plus efficace, optimisant ainsi sa capacité d’inertie et de mobilité. La répétition des bases, permet un voyage profond et subtil dans les « arcanes » de la structure corporelle et de l’optimisation du mouvement. En ce sens, cette discipline est également un excellent moyen de corriger des désordres structurels et morphologiques qui par extension ont une action sur notre physiologie et notre psychologie. Elle peut être considérée comme une discipline « ostéopathique ».

« La technique n’est que le produit d’un corps qui a été entraîné à comprendre intuitivement les façons les plus naturelles et les plus efficaces de se déplacer dans l’espace. » Minoru Akuzawa Les Kunren : Les exercices pratiqués avec un partenaire permettent d’éprouver les aptitudes générées par les Tanren. Le poids du partenaire, sa densité, son intention, sa morphologie sont autant de paramètres qui nous permettent d’affiner et de corriger notre posture.

Les Bunkai Enfin, la pratique des applications est une composante essentielle du Bujutsu Aunkai. Elle engage le corps et l’esprit dans un contexte plus libre et plus martial, nous permettant ainsi d’éprouver les principes et de développer notre capacité d’adaptation aux contraintes dans l’instant.

« L’Aunkai est une méthode de bujutsu tanren. Les exercices que j’enseigne permettent de développer la conscience de son corps, d’en construire l’armature, d’en développer le cœur, l’essence. Ils servent à comprendre l’action subtile des différentes composantes du corps et à s’en servir de la manière la plus efficace ». Minoru Akuzawa Que vous soyez familiarisés ou non avec les arts martiaux japonais, nous serons très heureux de partager avec vous notre expérience, notre savoir-faire ainsi que les fruits de toutes nos années de recherches. Aucun pré-requis n’est nécessaire, ce stage s’adresse à tous. Que vous soyez ou non un pratiquant d’arts martiaux, un sportif confirmé vous repartirez avec des éléments nouveaux à explorer, une autre compréhension du corps à mettre en pratique au quotidien. Déroulement : Le stage débutera le samedi 26 novembre à 7h30 au bord du bassin naturel et se terminera le dimanche 27 novembre à 16h L’exposition volontaire au froid se déroule le matin à 7h30 au bassin naturel. La marche Aunkai débute après le petit déjeuner à 8h30 Les temps de pratique Aunkai sont repartis en 4 sessions de 2h : de 10h à 12h et de 14h à 16h sur les deux journées. Entre les temps de pratique, vous pourrez profiter de la nature environnante. Le domaine s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares. Ce lieu naturel préservé et magnifique vous offre de nombreuses possibilités de balades ou de méditations. Matériel à prévoir : 

  • Dogi ou vêtements souples et amples pour la pratique en intérieur comme en extérieur.
  • Vêtements et chaussures pour marcher.
  • Maillot de bain.

Le déroulement d’une journée : 7h30 EVF / 8h00 Petit Déjeuner / 8h30 Marche Aunkai / 10h-12h Pratique / 12h30 Repas /14h-16h Pratique /16h-17h Temps libre /18h30 Partage / 19h30 Dîner Tarif de l’enseignement (hors hébergement et restauration ) : 200€ Information et réservation auprès de Philippe : philippe@lerevedelaluciole.fr www.lerevedelaluciole.fr 0685244244 Pour réserver votre hébergement en pension complète, rendez-vous ici : https://www.domainedutaille.com/formations-et-stages/recherche Pour réserver des repas sans hébergement, veuillez nous écrire à : contact@domainedutaille.com Quelques éléments supplémentaires concernant « La marche Aunkai » et « L’exposition volontaire au froid » qui font partie intégrante du contenu du stage, de notre pratique et de notre enseignement.

La marche Aunkai

Les peuples nomades ont depuis toujours développé des méthodes pour parcourir de très longues distances, que ce soit dans les Andes, sur les hauts plateaux du Tibet, en Grèce où sur les chemins caravaniers d’Afghanistan. Au-delà des conditions parfois extrêmes, l’endurance était un facteur permettant de tenir la distance en avalant des kilomètres. Ceux qui ont eu le privilège de côtoyer sensei Akuzawa, fondateur de Aunkai Naïdo Bujutsu, ont pu remarquer sa façon de marcher extrêmement rapide et sa capacité à être très peu essoufflé. La marche est pour lui un outil d’entraînement dont il raffole particulièrement. Notamment sur des chemins escarpés ou en montagne. Il lui arrive très régulièrement de faire des marches de 8 à 10 heures où de faire l’ascension du mont Fuji pour observer le lever du soleil, où il faut prévoir 6 heures d’ascension et plus de 3 heures pour la descente.

« Aunkai, c’est savoir se tenir debout, s’assoir et marcher

  C’est en marchant avec lui, en l’observant attentivement, et en le questionnant pendant des années, que nous avons intégré cette marche dans nos protocoles respectifs d’entraînements. Après une certaine maturation et en ayant échangé sur les bénéfices à court terme dans la pratique d’Aunkai pour nos élèves, nous avons décidé avec Philippe, d’intégrer cet entraînement par la marche dans notre enseignement lors des stages. En effet, marcher “avec aunkai” nécessite de respecter les principes inhérents présents dans les tanren. Ils se déclinent principalement dans la notion de suspension, d’alignement du rachis cervical nécessitant la maîtrise de la mandibule – l’os de la mâchoire inférieure – et du poids posé dans son bassin ainsi que de relâchement et de transfert de poids. Le relâchement procuré favorise les circuits de communication de notre corps, libérant ainsi les zones de tension musculaires. Notamment au niveau de la ceinture scapulaire donnant toute sa liberté aux mouvements de la tête qui donne la direction. Et au niveau des muscles du bassin, principalement dans le psoas qui fait la liaison entre le buste et les jambes, influant sur l’amplitude des mouvements de la hanche. La technique consiste ensuite à projeter légèrement son centre de gravité vers l’avant afin de profiter de l’inertie de centre de masse pour se déplacer, les jambes ne faisant que suivre le buste en constante avancée. L’attention portée aux respects de ces contraintes favorise la notion de marche consciente dans laquelle le souffle retrouve naturellement sa place avec une respiration nasale qui amène une respiration naturelle libérant les tensions dans le diaphragme. Cette respiration sans effort aide à la construction et au maintien d’une posture forte par la stimulation de la cohérence cardiaque. Les autres principes comme l’alignement, la notion d’axes, du corps lié et du pas flottant sont également présents et conscientisés au fur et à mesure de la maîtrise de la marche. Ne pas pousser dans le sol pour produire la propulsion aide le corps à se déplacer rapidement et avec un minimum d’efforts. L’action sur le métabolisme et le fonctionnement cardio-vasculaire supprime la sensation de fatigue et apporte une vitalité toute nouvelle. Pour résumer, “la marche aunkai” est un excellent moyen d’échauffement préalable à l’entraînement, mais travaillé en pleine conscience, c’est un vrai entraînement qui demande d’optimiser l’utilisation de son corps et de changer sa façon de se mouvoir dans l’espace qui nous environne.

Exposition volontaire au froid – EVF

L’exposition volontaire au froid (EVF) issue du Yoga Toumo de tradition Tibétaine – traduit par « feu intérieur » – est un travail d’exploration intérieure, d’introspection et de découverte de soi, à l’instar de la pratique de l’Aunkai. Sensei Minoru Akuzawa (fondateur Aunkai Naïdo Bujutsu ) pratique depuis longtemps le « misogi », un rituel shinto dont le but est d’aller à la rencontre de soi-même en se purifiant le corps en stimulant ses capacités adaptatives et en repoussant les limites du mental. Nous voyant nous baigner dans l’eau froide tous les matins à l’aube lors des stages il nous a questionné sur les raisons de cette pratique et a souhaité nous accompagner

« Je comprends pourquoi vous le faites ! » Minoru Akuzawa

Pourquoi pratiquer l’exposition volontaire au froid ? Le froid participe d’abord, par simple effet mécanique, à la vitalité, la longévité et la bonne santé du corps. Mais ses bienfaits sont infiniment plus profonds : ils concernent l’être dans son ensemble et ne peuvent être découverts qu’avec l’expérience du vécu. Ils nécessitent entre autres la cessation de nos mécanismes de résistance et l’ouverture du cœur. Il existe de nombreux bienfaits apportés par cette pratique, dont certains sont corroborés par la science et d’autres sont en cours d’étude. Ce que nous cherchons particulièrement c’est à appliquer la loi de l’Hormèse. Cette loi consiste à solliciter notre corps par le biais de petits stress intenses répétitifs suivis de périodes de repos durant lesquelles le corps s’adapte et se renforce. Physiologiquement nous allons stimuler les capacités et fonctions adaptatives du corps dans sa globalité. Nous n’en connaissons pas encore tous les mécanismes intérieurs, mais nous savons que l’exposition au froid booste le système neuroendocrinien, le système cardio-vasculaire et le système respiratoire

Nous ne luttons pas contre le froid, nous l’accueillons et nous nous adaptons à lui

Voici quelques-uns des moyens adaptatifs bénéfiques que le corps humain sollicite lors de cette pratique (thermophysiorégulation) :

  • Le frisson thermique, qui dépense énormément d’énergie. Augmente 5x le métabolisme basal.
  •  La vasoconstriction, qui est un moyen très important pour se réchauffer.
  • La réactivation des graisses brunes qui ont un rôle thermogène, et qui par conséquent produisent beaucoup d’énergie et de chaleur. Lors du choc thermique elles rentrent en synergie avec l’adrénaline. Cela lance le mécanisme adrénergique qui booste tout le corps. Pour la plupart d’entre nous, ces graisses brunes très présentes dans la période de l’enfance, diminuent voire disparaissent à l’âge adulte car l’être humain a mis en place des moyens extérieurs pour se réchauffer.
  •  L’effet cardio-vasculaire de vasoconstriction et de vasodilatation, qui va entretenir les muscles lisses des vaisseaux et ceux qui alimentent les organes.
  • La stimulation du système neuro-endocrinien. Certaines hormones comme l’adrénaline, la noradrénaline et le cortisol (anti-inflammatoire) seraient activées lors du choc thermique. La glande thyroïde est également stimulée, elle joue un rôle important dans la régulation de la chaleur interne. Enfin, l’exposition au froid permettrait également de re développer une partie du thymus (glande impliquée dans le système immunitaire jusqu’à l’adolescence).  

Sur le plan de la démarche personnelle, l’EVF est une introspection profonde. Elle nous met face à nos mécanismes de peur, de refus, de résistance. Nous sommes confrontés à l’arrogance de l’intellect, qui, au lieu de se mettre au service, juge, convoite, monte des stratagèmes ingénieux pour nous empêcher d’agir, de ressentir, d’être à l’écoute silencieusement.

La seule chose à faire, c’est justement de ne rien faire, ne pas lutter, ne pas réfléchir, mais d’accepter, de faire confiance.

La démarche est d’une simplicité enfantine, mais tellement éprouvante pour l’égo. Il s’agit donc, sans commentaires intérieurs, de se laisser aller à la contemplation de ce qui est ! Alors le contact avec le froid devient infiniment plus doux et plus simple que prévu, précisément parce que la principale difficulté est d’arrêter de prévoir qu’il sera difficile, ou plutôt d’arrêter d’écouter cette partie de nous qui essaye de nous en convaincre et qui nous rend ainsi vulnérables

« Pas d’équivoques dans la pensée, un pas efface l’autre ». Maurice DAUBARD

Pour conclure, en accomplissant cette démarche d’introspection, d’écoute et de remise en question, avec joie, enthousiasme et curiosité, le froid va nous rendre au centuple l’effort fourni en nous faisant un cadeau inestimable et pourtant si souvent couronné d’ingratitude : il va combler nos besoins plutôt que nos désirs.

Cette pratique, à condition qu’elle soit appréhendée avec pour seul but de vivre pleinement l’instant, nous apprend à mieux connaître et à optimiser notre fonctionnement psychocorporel, à nous sentir plus en harmonie avec notre environnement et non plus en confrontation, à l’accepter et l’aimer tel qu’il est, et à agir dans le silence plus que dans l’agitation.